Problématique de santé
Kystes pancréatiques
Que sont les kystes pancréatiques ? Le pancréas : Qu'est-ce que c'est ? Le pancréas est une glande située derrière l'estomac qui remplit deux rôles essentiels : la digestion des nutriments, grâce à la sécrétion d'enzymes digestives, et la régulation du taux de sucre dans le sang, grâce à la sécrétion d'insuline. Un kyste du pancréas est une poche remplie de liquide qui se forme dans ou autour du pancréas. Il en existe plusieurs types :Les pseudokystes : ils apparaissent le plus souvent après une pancréatite aiguë ou un traumatisme abdominal. Ce ne sont pas de véritables kystes, mais des collections de liquide pancréatique entourées d'une paroi. Ils disparaissent souvent spontanément.Les kystes mucineux (TIPMP et cystadénome mucineux) : ces kystes produisent un liquide épais (mucus) et peuvent, dans certains cas, évoluer vers une tumeur. Ils nécessitent une surveillance attentive.Les kystes séreux (cystadénome séreux) : ces kystes sont presque toujours bénins et évoluent rarement vers une tumeur.Les kystes rares d'autre nature, parfois liés à des maladies héréditaires ou auto-immunes. Symptômes La grande majorité des kystes du pancréas sont découverts par hasard, lors d'un examen d'imagerie réalisé pour une autre raison, et ne provoquent aucun symptôme. Lorsqu'ils sont présents, les symptômes les plus fréquents sont :Douleurs abdominales ou pesanteurPerte de poidsDiabète Comment diagnostiquer des kystes pancréatiques ? Vous rencontrerez d'abord un(e) gastroentérologue spécialiste de la Clinique de Pancréatologie Support Nutritionnel, qui fera le point sur vos symptômes et votre histoire médicale et chirurgicale. Des examens complémentaires seront ensuite réalisés :Une prise de sang complète pour évaluer votre état général, la fonction renale, le taux du sucre, le taux des vitamines et des minéraux et l'état de votre foie.Une IRM (imagerie par résonance magnétique) avec cholangiopancréatographie (IRM-CPRM) : c'est l'examen de référence pour caractériser un kyste du pancréas et évaluer ses relations avec le canal pancréatiqueUn scanner abdominal, pour compléter le bilan si nécessaire.Une échoendoscopie : il s'agit d'une échographie réalisée depuis l'intérieur de l'estomac à l'aide d'un endoscope, qui permet d'analyser le kyste de très près et, si nécessaire, de prélever un échantillon du liquide kyste pour analyse. Traitements et prise en charge La grande majorité des kystes du pancréas ne nécessitent pas de traitement spécifique. Le plus important est d'évaluer le risque de transformation du kyste en tumeur, en s'appuyant sur les résultats des examens réalisés et sur une concertation multidisciplinaire réunissant des gastroentérologues et radiologues spécialisés, des anatomopathologistes et des chirurgiens. C'est à l'issue de cette discussion collégiale que la meilleure stratégie de prise en charge — surveillance, endoscopie ou chirurgie — sera déterminée pour chaque patient.Comment se passe le suivi ?Un suivi régulier est primordial pour le bon déroulement de vos soins:Des consultations régulières avec votre gastroentérologue (fréquence adaptée au type et à la taille du kyste)Des prises de sang à chaque visiteUn scanner abdominal ou une résonance magnétique à intervalles réguliers, selon les recommandations internationales  Nos spécialistes Pr. Marianna Arvanitakis Directrice de la Clinique de Pancréatologie et du Support NutritionnelGastroentérologue, spécialisée en Maladies pancréatiques, endoscopie interventionnelle et nutrition clinique. La Pr Marianna Arvanitakis s'est spécialisée en pancréatologie et en endoscopie interventionnelle au sein de l'équipe du Pr Jacques Devière à l'Hôpital Erasme. Après avoir obtenu un DIU en Nutrition Clinique en 2005, elle a repris la coordination médicale de l'activité de support nutritionnel en 2018. Les recherches menées au sein de la clinique se concentrent notamment sur l'optimisation de la prise en charge des patients atteints de pancréatite aiguë sévère et de pancréatite chronique, ainsi que sur la gestion des patients souffrant d'un syndrome du grêle court. Membre de plusieurs sociétés scientifiques, elle est Secrétaire Générale de l'European Society of Gastrointestinal Endoscopy (ESGE) pour la période 2025–2027, et maître de stage en gastroentérologie pour l'Université Libre de Bruxelles (ULB). Langues parlées : Français, Anglais, Grec. Pr Alia Hadefi La Pr Hadefi est gastroentérologue, avec une expertise en nutrition clinique et en maladies métaboliques du foie. Elle a soutenu sa thèse de doctorat sur l'interaction entre l’intestin et les maladies hépatiques en 2024, et a effectué une formation complémentaire en 2025 au sein du Service de Gastroentérologie, Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin (MICI) et Assistance Nutritive de l'Hôpital Beaujon (Paris).Langues parlées : Français, Anglais, Arabe. Dr. Michael Fernandez Y Viesca Le Dr Fernandez est gastroentérologue, avec une expertise en pancréatologie acquise après l'obtention d'un DIU en Pancréatologie en 2017 (Sorbonne). Il est médecin coordinateur pour les Maladies Pancréatiques Bénignes au sein de la concertation multidisciplinaire de Pancréatologie, et prépare actuellement une thèse de doctorat portant sur la pancréatite aiguë sévère.Langues parlées : Français, Anglais, Espagnol. Contact Pour prendre un rendez-vous en consultation par email à ConsGastroMed [dot] erasme [at] hubruxelles [dot] be (ConsGastroMed[dot]erasme[at]hubruxelles[dot]be) ou par téléphone au +32 (0)2 555.35.04 ou contacter le service de Gastroentérologie de l'H.U.B directement au SecMed [dot] GastroMed [dot] erasme [at] hubruxelles [dot] be (SecMed[dot]GastroMed[dot]erasme[at]hubruxelles[dot]be)  Découvrir la Clinique de Pancréatologie
Kystes pancréatiques
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L'écho-endoscopie
Maladies du tube digestif et des organes voisins : quand a-t-on besoin d’une écho-endoscopie ?  Qu'est-ce qu'une écho-endoscopie ? L’écho-endoscopie (EUS) est un examen spécialisé combinant l’endoscopie et l’échographie pour examiner avec précision le tube digestif et certains organes voisins, comme le pancréas, les voies biliaires et les ganglions lymphatiques.L’EUS est prescrite lorsque des examens d’imagerie (scanner, IRM, échographie) révèlent une anomalie nécessitant une investigation plus approfondie, notamment:Évaluation d’une lésion du tube digestif (œsophage, estomac, rectum), notamment pour le staging d’une tumeur.Masse suspecte dans le pancréas, les voies biliaires ou les glandes surrénales.Kystes pancréatiques nécessitant une surveillance spécialisée.Ganglions lymphatiques anormaux (adénopathies), pouvant nécessiter un prélèvement.En plus du diagnostic, l’écho-endoscopie permet des traitements mini-invasifs, comme l’ablation par radiofréquence (EUS-RFA), pour certains types de tumeurs.Cet examen est toujours réalisé sur prescription médicale. Echo-endoscopie : quelle prise en charge à la Clinique d'Endoscopie de l'H.U.B ? Au sein de la Clinique d’Endoscopie, nous proposons une prise en charge spécialisée pour les patients nécessitant une écho-endoscopie diagnostique ou thérapeutique.En fonction de l’indication, plusieurs procédures peuvent être réalisées, notamment:Des prélèvements ciblés (EUS-FNA/B) pour analyser en détail des lésions digestives, pancréatiques, biliaires ou ganglionnaires.L’ablation par radiofréquence (EUS-RFA), une technique mini-invasive alternative et/ou complémentaire du traitement des certains tumeurs. Il s'agit d'une technique innovante, visant à détruire in situ, par thermo-ablation à l'aide d'aiguilles écho-guidées reliées à un générateur (principe de la radiofréquence), qui vont cibler des tumeurs du pancréas bien sélectionnées après bilan radiologique et anatomo-pathologique. En pratique, nous ciblerons dans un premier temps des tumeurs neuro-endocrines, des tumeurs kystiques et certaines métastases de cancers bien sélectionnés (cancer du rein, du sein et de la peau), et dans un second temps des tumeurs jugées non résécables accessibles par abord écho-endoscopique.La prise en charge multidisciplinaire est essentielle dans la gestion des maladies du tube digestif et des organes voisins, notamment les tumeurs pancréatiques. À l’Hôpital Erasme, les cas sont discutés en réunion multidisciplinaire réunissant gastroentérologues, radiologues, oncologues et chirurgiens, afin de garantir la meilleure stratégie thérapeutique pour chaque patient.De plus, l’implémentation de la technique d’EUS-RFA vise à compléter l’arsenal thérapeutique et à renforcer notre expertise et visibilité au sein du réseau hospitalier et du futur Cancéropôle ULB. Votre médecin vous oriente vers une écho-endoscopie ? Si votre médecin vous oriente vers une échoendoscopie, c’est souvent parce qu’un examen d’imagerie a révélé une anomalie nécessitant une exploration plus détaillée.Si cet examen vous a été prescrit, il est important de bien respecter les consignes qui vous seront données avant la procédure.Vous pouvez contacter la Clinique d'Endoscopie de l'H.U.B par téléphone au +32 (0)2.555.35.04 ou par email en cliquant ci-dessous. Contactez la Clinique d'Endoscopie de l'H.U.B Votre centre de référence en écho-endoscopie L’Hôpital Erasme est un centre de référence en écho-endoscopie, intégrant les dernières innovations en diagnostic et en traitements mini-invasifs.Nous participants à des études internationales en écho-endoscopie diagnostique et thérapeutique, visant à améliorer l’efficacité et la sécurité de cette technique.Grâce à ces avancées, nous offrons aux patients une prise en charge plus précise, réduisant la nécessité d’interventions chirurgicales plus invasives et améliorant l’efficacité des traitements.
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L'endométriose sans filtre
Mars est le mois de sensibilisation à l'endométriose. À cette occasion, l'H.U.B lance une nouvelle campagne et propose de nombreuses activités visant à informer et à impliquer le public et les professionnels de la santé dans le diagnostic et la prise en charge de cette maladie. Lire plus.  Image L'Endométriose sans filtre : ce que l'on croit, ce que l'on sait, ce que l'on prouve L’endométriose est une maladie chronique qui touche 1 femme sur 10 en âge de procréer. Pourtant, elle reste largement méconnue et souvent diagnostiquée trop tard, car ses symptômes sont parfois mal compris ou minimisés.La campagne « L'Endométriose sans filtre » vous propose de démêler mythes, connaissances et preuves scientifiques pour mieux comprendre cette maladie et ses impacts sur la vie des femmes.Ce que vous découvrirez avec les équipes de la Clinique de l'Endométriose de l'H.U.B :Ce que l’on croit : idées reçues et fausses croyances sur l’endométriose.Ce que l’on sait : faits et données fiables pour mieux informer le grand public et les professionnels de santé.Ce que l’on prouve : recherches et avancées scientifiques qui permettent un meilleur diagnostic et un accompagnement efficace.Participez à nos activitésStand d'information, ateliers patientes/soignants, conférences et ressources pédagogiques : chaque action vous permet de mieux comprendre l’endométriose, soutenir les patientes et d'agir en faveur de la santé des femmes au quotidien. Image L'endométriose en sans filtre : le programme de l'H.U.B en 2026 Jeudi 26 mars 2026Stand d'information et de sensibilisation à l'endométrioseJeux interactifs avec des “vrai-faux”Information sur l’endométriose et sa prise en charge à l’H.U.BQuestionnaire de sensibilisation à la santé menstruelle.Rencontre et échanges avec des membres de l’équipe de la Clinique de l’Endométriose.Où ? Hôpital Erasme - H.U.B, Route de Lennik 808, 1070 Bruxelles, dans le hall principal au rez-de-chaussée.Quand ? Le 26/03/2026, de 10h00 à 16h00.Gratuit et accessibles à tous. Endométriose sans filtre : le quizz Image On parle d'endométriose dans le podcast HOP'Voices ! Découvrez les dernières innovations dans la prise en charge de l’endométriose, du diagnostic aux traitements, et démêlez le vrai du faux sur cette maladie souvent méconnue avec le Pr. Maxime Fastrez, Gynécologue et Directeur de la Clinique de l'Endométriose de l'H.U.B. Ecouter l'épisode Jeudi 15 octobre 2026Atelier patientes et soignantsLes hormones : de quoi parle-t-on exactement ?3 mini conférences3 ateliers thématiques tournants pour :Déconstruire les idées reçues sur les traitements hormonaux.Pratiquer la décision clinique et comprendre la personnalisation des traitements.Montrer que le choix d'un traitement hormonal dépend de la science, tout comme du vécu et des préférences des patientes.1 panel d'experts pour répondre à toutes les questions qui auront émergé pendant les ateliers, mais aussi confronter les expériences et les ressentis des participantes.1 petit cocktail dînatoire pour clôturer l'évènement sur une note conviviale :)Cet évènement permet aux patientes atteintes d'endométriose d'échanger entre elles, mais aussi avec des professionnels de la santé spécialisés dans la prise en charge de l'endométriose de manière ludique et interactive. A l'issue de ces ateliers, les participantes repartiront avec une vision claire et une compréhension intuitive de l'utilisation de traitements hormonaux dans la prise en charge de l'endométriose.Où ? Institut Jules Bordet, Rue Meylemeersch 90, 1070 Bruxelles, au niveau -1.Quand ? Le 15/10/2026, de 18h00 à 20h30Gratuit, places limitées et réservées aux patientes atteintes d'endométriose. Image Jeudi 10 décembre 2026Symposium "L'Endométriose au cœur d'une prise en charge multidisciplinaire"Comment poser un diagnostic d’endométriose de manière pertinente ? Quelle est la place réelle de l’IRM ? Et surtout, comment construire un parcours de soins efficace autour de la patiente ? Ce symposium accrédité réunit experts et cliniciens autour d’une approche résolument pratique : diagnostic clinique structuré, débats interactifs et ateliers concrets pour améliorer l’orientation et la prise en charge multidisciplinaire. Objectif : repartir avec des outils directement utilisables en consultation et renforcer la collaboration entre gynécologues et médecins généralistes pour optimiser le parcours des patientes.Quand? Le 10/12/2026, de 09h30 à 15h30Où? Campus Erasme, Route de Lennik 808, 1070 Bruxelles - Auditoire Mukwege (Bâtiment J)Demande d'accréditation en éthique et économie.Évènement gratuit, inscription obligatoire (Lunch inclus).
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L'équipe de Neurochirurgie a effectué sa première intervention avec la LITT !
Vendredi 15 novembre, l’équipe de Neurochirurgie de l’Hôpital Universitaire de Bruxelles (H.U.B) a réalisé, avec succès, sa première intervention par thérapie thermique interstitielle par laser (LITT) sur un patient épileptique réfractaire. Une solution mini-invasive pour des patients inopérables En Belgique, 75.000 personnes souffrent d'épilepsie, dont 30% d'épilepsie réfractaire, la plus difficile à traiter, car elle ne répond à aucun traitement médicamenteux. Les patients épileptiques réfractaires ont une qualité de vie altérée en raison des crises, mais aussi du traitement qui leur est donné sans pour autant contrôler leur épilepsie. Ils sont donc tous des candidats potentiels à une intervention chirurgicale visant, idéalement, à retirer la zone de leur cerveau d’où émanent les crises et ainsi, tenter de les guérir.Le problème se pose pour les patients à risque dont le foyer épileptogène se trouve dans les zones cérébrales fonctionnelles qui contrôlent, entre autres, le langage, la motricité, la vue ou la mémoire. Pour répondre à cette situation et offrir une solution aux patients considérés jusqu’alors comme inopérables, l’Hôpital Universitaire de Bruxelles a fait l’acquisition d’une thérapie thermique interstitielle par laser (LITT).La LITT est une technique chirurgicale mini-invasive qui utilise la chaleur dégagée par la lumière d’un laser pour détruire, de manière sélective, les tissus cérébraux responsables des crises d’épilepsie. Combinée à une Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM) pour visualiser, en temps réel, l’évolution des zones cérébrales traitées, la LITT offre une précision neurochirurgicale inégalée qui permet de cibler les tissus atteints tout en préservant les structures cérébrales saines.En tant que technologie mini-invasive, la LITT montre une efficacité sans précédent avec 50 à 80% des patients libérés des crises, même sévères, à moyen terme (varie selon le type d’épilepsie traité1). Elle réduit considérablement les risques de complication postopératoire ainsi que la durée d’hospitalisation des patients. La LITT constitue une véritable alternative aux chirurgies ouvertes traditionnelles et propose enfin une solution curative aux patients pour lesquels toutes les autres options thérapeutiques sont épuisées.Ce traitement, qui ne bénéficie d’aucun remboursement à ce jour, l’Hôpital Universitaire de Bruxelles est capable de le prodiguer grâce au soutien financier du Fonds Erasme (Epilepsie) et de l’Association Jules Bordet (Oncologie). Il est, par ailleurs, le seul hôpital de Belgique à avoir fait l’acquisition d’une LITT, ce qui lui permet de traiter les patients sans délai d’attente.Si la première utilisation de la LITT à l’H.U.B est aujourd’hui dédiée à un patient épileptique réfractaire, cette technique est également proposée pour traiter les tumeurs cérébrales non résécables. Qu’il s’agisse d’une tumeur qui s’est développée directement dans le cerveau (néoplasie cérébrale primitive) ou des suites de la propagation de cellules cancéreuses métastasées (néoplasie cérébrale secondaire), la LITT représente une nouvelle approche thérapeutique pour des patients atteints d’un cancer du cerveau souvent déjà éprouvés par la chimiothérapie et la radiothérapie. Elle s’inscrit dans le cadre de projets de recherche oncologiques.Félicitations au Dr. Sophie Schuind, qui a préparé et mené cette intervention d'une main de maître, accompagnée par le Prof. Olivier de Witte et entourée par une équipe de choc !Découvrir l'interview télé du Dr. Schuind sur BX1  La LITT en images !
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L'hôpital et VOUS
Le magazine de votre hôpital Que vous soyez patient, parent de patient, futur patient ou visiteur, découvrez le nouveau magazine de l’H.U.B « L'hôpital et VOUS». Une multitude d'informations et d'actualités sur nos soignants, nos soins, nos domaines d'expertise et nos innovations! Votre santé est au cœur de nos préoccupations. Retrouvez l'intégralité de nos éditions juste ici et soyez à la page des activités de l'H.U.B! N°1 - DECEMBRE 2023 Découvrez le premier numéro File hub_decembre_2023.pdf
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L’alimentation : un précieux atout dans la prévention des AVC
Dans le cadre des Mardis de l’AVC, organisé par la Clinique Neurovasculaire de l’H.U.B, le Prof. Philippe Van De Borne, Directeur de la Clinique de Prévention Cardiovasculaire, et Mme. Marie-Eve Velghe, Diététicienne spécialisée dans la gestion des facteurs de risques cardiovasculaires, expliquent en quoi l’alimentation influence fondamentalement la santé cardiovasculaire des patients avant et après un AVC. Pouvez-vous nous expliquer les différents facteurs de risque cardiovasculaire ? En quoi ils peuvent influencer la santé cardiovasculaire et la survenue d’un AVC ?Les Facteurs de Risque Cardiovasculaires sont une notion importante, car il s’agit d’éléments qui augmentent la probabilité de développer une maladie cardiaque ou de faire un AVC. Il existe deux catégories de facteurs de risque cardiovasculaires.Les “non modifiables”, parmi lesquels on retrouve :L’âge, car plus on vieillit, plus le risque augmente ; Le sexe, les hommes sont plus à risque que les femmes avant la ménopause. Après la ménopause, le climat hormonal change et rend les femmes plus vulnérables. On observe beaucoup d’évènements cardiovasculaires chez les femmes de 80 ans. Les antécédents familiaux, où les maladies cardiovasculaires et les AVC sont parmi les premières causes de décès. Statistiquement, il y a toujours quelqu'un dans la famille qui a fait un accident cardiovasculaire ou un AVC. Il faut qu’il soit survenu précocement, au premier degré (parents par exemple) et avant 55 ans pour les hommes et 65 ans pour les femmes. Ce type d’antécédents augmente considérablement le risque qu’on a soi-même de faire un AVC.Les “modifiables”, qui, grâce à un mode de vie sain et à un suivi adapté, permettent au patient de gagner des années de vie en bonne santé. Dans le cadre d’un AVC, l’alimentation exerce une réelle influence sur l’état de santé du patient. L’Hypertension artérielle : C’est le facteur de risque numéro 1 des AVC. Une tension trop élevée fragilise les artères et peut provoquer leur rupture ou leur obstruction. Réduire le sel, manger plus de potassium (notamment en consommant suffisamment de fruits et légumes) et pratiquer une activité physique régulière sont des points essentiels pour mieux la contrôler. Le tabagisme est un autre facteur de risque majeur de développer des Maladies Cardiovasculaires (MCV) qui sont surtout représentées par des  maladies du cœur, des artères du cerveau et des artères périphériques. De récentes études montrent que les fumeuses actives ont 2,5 fois plus de risques de mourir d’une maladie cardiovasculaire comparé aux femmes qui n’ont jamais fumé de leur vie. C’est énorme ! Le tabac est un réel poison et il est très difficile pour de nombreux fumeurs d’arrêter, mais il faut les sensibiliser le plus possible pour agir car, arrêter du fumer réduit fortement les risques cardiovasculaires et ce, à tout âge. L’excès de cholestérol est néfaste pour les artères, car il favorise le processus d’athérosclérose, c’est à dire, le dépôt de cholestérol dans la paroi des artères, qui progressivement, va gêner le passage du sang en rétrécissant le diamètre des vaisseaux, notamment du cerveau et du cœur.  Il est impératif de maintenir le taux de “mauvais” cholestérol le plus bas possible afin de prévenir un AVC. Le diabète et l’excès de glucose peuvent aussi causer des AVC. La sédentarité et le manque d’activités physiques sont également importants. Il est recommandé de faire au moins 30mn d’activité physique modérée par jour.  Il est toujours possible de caser cette activité dans un emploi du temps chargé, ne serait-ce qu’en garant son véhicule un peu plus loin que d’habitude ou de prendre les escaliers au lieu de l’ascenseur, des solutions existent ! Le surpoids et l’obésité, notamment au niveau abdominal, sont très mauvais pour le système cardiovasculaire. Une alimentation équilibrée et une activité physique régulière peuvent résoudre ce facteur de risque. Le stress, les problèmes de santé mentale et la pollution atmosphérique interviennent, quant à eux, à des degrés moindres dans l’augmentation du risque cardiovasculaire. Il existe des solutions pour apprendre à gérer son stress. Les troubles de la santé mentale contribuent de manière peut-être plus indirecte au développement de facteurs de risque cardiovasculaire car, combinés à un contexte socio-économique défavorable, ils peuvent entraîner une mauvaise adhérence thérapeutique du patient. La pollution atmosphérique est toxique pour micro-vaisseaux. Il faut éviter d’être dehors ou de faire du sport à l’extérieur quand il y a des pics de pollution, car les particules présentes dans l’air augmentent le risque cardiovasculaire.Pourquoi l’alimentation joue-t-elle un rôle clé dans la prévention des récidives d’AVC ?L’alimentation joue rôle clé dans la prévention des récidives d’AVC car elle agit directement sur les principaux facteurs de risques cardiovasculaires modifiables énoncés précédemment. Par exemple, une alimentation équilibrée aide à contrôler l’hypertension artérielle, qui est la première cause d'AVC, grâce, notamment, à une consommation limitée en sel et plus riche en potassium. De même, en consommant suffisamment d’aliments riches en fibres, comme les fruits, les légumes, les légumineuses, les céréales complètes et les fruits à coque, on améliore le taux de cholestérol et la santé des artères. Réduire les sucres « rapides » et les graisses, en particulier les graisses saturées et trans industrielles, permet aussi de mieux réguler les lipides sanguins, la glycémie et le poids, et donc de contrôler 2 autres facteurs de risque importants que sont le diabète et le surpoids.« Adopter une alimentation protectrice, c’est-à-dire riche en fibres, en anti-oxydants, en graisses insaturées (notamment en oméga 3), et contrôlée en mauvaises graisses, en sel et en sucres, c’est donc agir sur plusieurs leviers à la fois pour préserver les artères de son corps, y compris celles du cerveau, et réduire les risques de récidive d’AVC et autres MCV»Existe-t-il un ou des modèles alimentaires particulièrement recommandés dans la prévention des AVC  ? Image Oui, le plus connu est le régime méditerranéen, fondé sur les habitudes alimentaires traditionnelles des habitants des pays du bassin méditerranéen comme la Grèce, l’Italie et l’Espagne, dans les années 60’. Il repose sur une consommation abondante de fruits, de légumes, de légumineuses (telles que les lentilles, pois chiches, haricots secs, pois cassés), de céréales complètes, d’huile d’olive vierge extra (qui est la principale source de graisses), de fruits à coques et graines, une consommation régulière de poissons et de fruits de mer, de volaille et produits laitiers maigres (fromages et yaourts). Ces aliments sont riches en fibres, en bonnes graisses et regorgent d’anti-oxydants qui protègent les artères, réduisent l'inflammation et aident à réguler la pression artérielle et le cholestérol. L’organisation mondiale de la santé (l’OMS) a d’ailleurs décrit ce régime méditerranéen comme une stratégie alimentaire efficace de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles tels que les MCV, le diabète mais aussi certains cancers et les maladies neurologiques dégénératives (Parkinson, Alzheimer). Et la Société Européenne de cardiologie (l’ESC) a précisé dans ses dernières recommandations de 2021 pour la prévention des MCV que « L'adoption d'un régime de type méditerranéen peut contribuer à réduire le risque CV chez tous les individus, y compris les personnes à haut risque CV et les patients atteints de maladies cardiovasculaires ».Un autre régime aussi très intéressant pour lutter contre l’hypertension, et donc le risque d’AVC, est le régime “DASH” (Dietary Approaches to Stop Hypertension) Ce régime met l’accent sur la réduction du sel tout en augmentant l’apport en potassium, magnésium et calcium, des minéraux essentiels pour abaisser la tension artérielle.Ces deux régimes partagent des principes communs : peu voire pas de produits ultra-transformés, moins de graisses saturées et de sucres ajoutés, et une place centrale accordée aux aliments bruts et riches en nutriments protecteurs. Ils sont accessibles financièrement et simples à mettre en place au quotidien pour adopter de saines habitudes alimentaires qui feront toute la différence sur la santé cardiovasculaire à long terme.Quels sont les grands principes d’une alimentation adaptée après un AVC ? Autrement dit, quels sont les principaux conseils alimentaires que vous prodiguez au patient, et/ou éventuellement l’aidant proche, pour optimiser sa santé cardiovasculaire ?Après un AVC, il est indispensable d’adopter une alimentation équilibrée afin de réduire au maximum les potentielles récidives liées à un risque cardiovasculaire. Voici 6 grands conseils que nous donnons aux patients :1. Limiter la consommation de selOn recommande aux patients de limiter, voir même de totalement supprimer le sel ajouté, et donc de retirer la salière de la table, et on leur propose des alternatives pour assaisonner leurs plats comme les herbes aromatiques, les épices, des condiments non salés tels que l’ail, le gingembre ou encore le jus de citron. On les sensibilise également au contrôle du sel “caché” qui représente près de 80% de notre consommation quotidienne de sel ! Ce sel caché peut être contrôlé en évitant ou en limitant fortement la consommation de plats préparés industriels, de charcuteries, de fromages très salés ou encore de grignotages d’apéritifs tels que les chips, les cacahuètes salées et les biscuits salés.2. Favoriser les bonnes graissesNous informons les patients sur les graisses dites “visibles” et les graisses “cachées”. Image Les graisses “visibles” sont celles que l’on ajoute au pain, que l’on utilise pour cuisiner ou assaisonner une salade.Pour la cuisson, il est recommandé d’utiliser des graisses riches en acides gras monoinsaturés qui sont plus résistants à la chaleur et meilleurs pour la santé, telles que l’huile d’olive, l’huile d’arachide ou encore l’huile de tournesol oléique (« oléisol »). Pour un usage à froid, il est préférable de consommer des huiles riches en oméga 3 telles que l’huile de colza, de cameline ou encore de noix. Attention ! Ces huiles ne doivent pas être utilisées comme graisses de cuisson, car les oméga 3 sont très sensibles à la chaleur et peuvent s’avérer plutôt nocifs s’ils sont chauffés. Pour le pain, il est préférable d’utiliser une matière grasse à tartiner végétale, allégée en graisses et enrichie en oméga 3, ou éventuellement d’utiliser un peu de beurre doux, bien gratté sur la tartine . Les pâtes d’oléagineux (beurre de cacahuètes, pâtes d’amandes ou de noisettes) sont également très intéressantes ! Notre consommation d’oméga 3 est souvent insuffisante, proportionnellement à notre consommation d’oméga 6 qui est généralement importante. L’objectif d’un régime alimentaire sain est notamment de rééquilibrer ce rapport entre oméga 6 et oméga 3, en augmentant la consommation d’oméga 3. On va par exemple conseiller d’utiliser l’huile de colza ou de cameline (riche en oméga 3) pour réaliser une vinaigrette ou une mayonnaise, plutôt que l’huile de tournesol ou de maïs (riche en oméga 6) !Les graisses “cachées” sont, par définition, celles qui sont présentes dans les aliments.Parmi les sources de bonnes graisses, on trouve les poissons gras, que l’on recommande de choisir de préférence de petit calibre (car moins contaminés par les métaux lourds) tels que la sardine, le maquereau, le hareng, la truite ou encore le saumon sauvage. On peut également citer les oléagineux (fruits à coque) et les graines, la volaille (sans la peau), le lapin ou encore l’avocat (qui est le seul fruit à contenir des graisses). Il est également fortement recommandé d’éviter de cuisiner avec de l’huile de coco, de l’huile de palme ou encore de coprah car ces huiles tropicales sont très riches en graisses saturées dites « athérogènes », càd qu’elles augmentent le taux de mauvais cholestérol et bouchent les artères du corps !  Il convient donc également d’éviter la consommation d’aliments contenant ces types de graisses cachées.3. Manger suffisamment de fibres et d'anti-oxydantsIls aident à réguler le cholestérol et la glycémie, à contrôler le poids et à lutter contre l’inflammation des artères. Les sources principales sont les légumes, les fruits, les légumineuses, les produits céréaliers complets et les fruits à coque et graines. Pratiquement parlant, voici ce que nous recommandons de consommer en fréquence et quantité :Minimum 300g de légumes par jour (cuits, crus, en potage…). Les varier et privilégier les légumes de saison et locaux. Au repas principal, ils doivent idéalement occuper 50% de l’assiette. 2 portions de fruits frais par jour (1 portion = le volume d’un poing = environ 125g/jr). Préférer également ceux de saison et locaux.80g de légumineuses 2x/semaine dans les repas (par exemple du houmous sur le pain, des boulettes de falafels en plat principal ou des lentilles dans une salade).Un produit à base de céréales complètes minimum une fois par jour (comme le pain complet, les flocons d’avoine, le muesli, le Boulghour, le quinoa, les pâtes au blé complet, le riz complet, etc.).4. Consommer des protéines végétales et animales de qualitéTelles que les légumineuses, le soja ou encore le tofu, la volaille (sans la peau), le poisson mais aussi les œufs, surtout s’ils sont enrichis en oméga 3.“Pendant longtemps, il a été déconseillé de consommer des œufs, car le jaune est riche en cholestérol, mais les études ont montré que ce qui compte vraiment, n’est pas de contrôler le cholestérol alimentaire, mais de limiter au maximum la consommation d’acides gras saturés et graisses trans industrielles qui influencent davantage le cholestérol sanguin. Aujourd'hui, les recommandations autorisent les patients à consommer jusqu’à 7 œufs par semaine. Avec les protéines végétales, il n’y a pas du tout de cholestérol.”Parmi les protéines animales, certaines viandes doivent être limitées. C’est le cas pour les viandes rouges (en somme, toutes sauf la volaille et le lapin) qu’il est recommandé de limiter à maximum 300 g par semaine. En ce qui concerne les viandes transformées, c’est-à-dire les viandes hachées et les charcuteries, moins on en consomme, mieux c’est ! Elles sont en effet le plus souvent riches en sel, mais aussi en conservateurs (nitrites, nitrates) qui sont des composés toxiques pour la santé !5. Réduire au maximum les apports en sucres ajoutés.Cela implique de limiter la consommation de pâtisseries, de biscuits, de viennoiseries, de sucreries, d’éviter l’ajout de sucre blanc ou sucre de canne, de miel, de divers sirops (d’agave, d’érable, de Liège…) dans ses boissons ou aliments et surtout d’éviter la consommation de sodas et jus de fruits. Tous ces aliments, hautement concentrés en sucres, favorisent des pics glycémiques, ainsi que l’accumulation de graisses dans le cerveau et le cœur. Il faut savoir que même les jus de fruits dits “sans sucres ajoutés”, contiennent énormément de sucres (autant que dans les sodas).6. Limiter ou éviter la consommation de boissons alcoolisées.“Avant, on prônait l’effet protecteur du vin rouge dont on recommandait d’en boire un 1 à 2 verres par jour pour rester en bonne santé. Aujourd’hui, cette recommandation n’est plus du tout valable. Il est prouvé que, pour prévenir les maladies cardiovasculaires, mais aussi d’autres maladies comme le cancer par exemple, il est conseillé de consommer peu voire pas d’alcool du tout.”La recommandation en terme de prévention de maladies cardiovasculaires et de lutte contre l’hypertension artérielle est dans l’idéal de ne pas consommer d’alcool du tout. En cas de consommation, celle-ci ne doit pas dépasser 10 unités d’alcool par semaine, soit 10 petits verres de vin (120 ml) ou de bière de type pils (250 ml), bien étalée sur la semaine et ponctuée de 2 jours d’abstinence. Image La meilleure des boissons reste l’eau. Une bonne hydratation est vitale et il est recommandé de boire, au minimum, 1,5L par jour, soit environ 8 verres d’eau, et ce, en plus du potage, du café, du thé ou des tisanes que l’on peut boire dans la journée.“Bien entendu, tous ces conseils doivent prendre en compte l’état de santé global du patient et veiller à éviter toute contrindication alimentaire qui pourrait contribuer à une dégradation liée à une autre pathologie (comme par exemple l’utilisation du sel de potassium en remplacement du sel de cuisine chez les insuffisants rénaux). Les apports hydriques doivent également être adaptés et diminués dans certaines situations, notamment en cas de rétention hydrosodée liée à une insuffisance cardiaque”Enfin, dans le cas de patients qui ont déjà fait un ou plusieurs AVC, l’enjeu est d’adapter les repas à leurs capacités. Certains patients souffrent, en effet, de troubles de la déglutition ou de fatigues importantes qui les empêchent de manger “comme avant”. Il faut alors leur proposer au quotidien des plats savoureux, avec des textures et des portions adaptées, afin de préserver le plaisir de manger sans prendre de risque. Nous veillons également à ce que le régime alimentaire prenne en compte l’organisation à la maison, la culture et la religion. Nous encourageons la famille, les aidants proches et l’entourage en général de s’impliquer dans la préparation des plats. Cela instaure une certaine convivialité autour du repas et facilite nettement la vie du patient dont les bonnes habitudes alimentaires doivent être durables.Quelles sont les prises en charges médicales actuellement disponibles à l’Hôpital Erasme - HUB pour contrôler les FRCV chez les patients qui ont fait un/des AVC ?Pour les évènements aigus, les patients bénéficient d’une prise en charge hyperspécialisée à la Clinique Neurovasculaire (aussi appelée “Stroke Unit”).“Dans la prise en charge d’un AVC, chaque minute compte, pour le cerveau comme pour le cœur, c’est pourquoi l’équipe est disponible 24h/24.”Les soins proposés incluent la surveillance et la gestion de l’hypertension artérielle ainsi que des troubles métaboliques. Des traitements anti-coagulants peuvent être administrés. L’équipe dispose également d’une expertise de pointe et d’une organisation sans faille pour intervenir au niveau chirurgical et débloquer les artères occluses, responsables de l’AVC.L’Hôpital Universitaire de Bruxelles est un hôpital académique qui offre une prise en charge intégrée et multidisciplinaire. La Clinique de Prévention Cardiovasculaire propose un accompagnement préventif des maladies cardiovasculaires, des bilans de facteurs de risque cardiovasculaire, une évaluation diététique, des programmes éducatifs, des ateliers de prévention ainsi qu’un secteur de revalidation. La prise en charge inclut également celle du tabagisme qui est, comme nous l’avons évoqué précédemment, un, si ce n’est LE facteur de risque cardiovasculaire, le plus important.“Notre approche de soins est centrée sur le patient et ses besoins et implique, quand cela est possible, l’implémentation d’une prise en charge systémique qui incorpore la famille, afin d’aider le patient à adopter (et à garder) certaines habitudes qui, sans soutien familial, peuvent être difficiles à tenir.”Le suivi médical et paramédical est organisé de manière à  :Ce que les patients survivent à l’AVC avec le moins de séquelles possibles.Prévenir ensemble les maladies cardiovasculaires et particulièrement quand une lésion des artères cérébrales ou coronaires survient.Il existe aujourd’hui beaucoup de solutions thérapeutiques efficaces qui permettent une augmentation de l’espérance de vie et, surtout, une réduction des évènements cardiovasculaires et ce, malgré le vieillissement de la population.“En Belgique, entre 1986, 33% des causes décès étaient d’origine cardiovasculaire. Aujourd’hui, nous sommes à 22%. Cette évolution est encourageante et continue à aller dans le bon sens pour prévenir et lutter contre les AVC et maladies cardiovasculaires.” Prof. Philippe VAN DE BORNEDirecteur de la Clinique de Prévention CardiovasculaireHôpital Erasme H.U.BMarie-Eve VELGHEDiététicienne agréée par le SPF Santé Publique Services de cardiologie et réadaptation cardiaqueHôpital Erasme H.U.B
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L’AVC : agir vite pour sauver le cerveau, à tout âge
Imaginez : un matin, vous vous levez et votre bras refuse de bouger, votre bouche est asymétrique ou vous avez du mal à parler. Chaque minute compte. Vous êtes peut-être en train de vivre un AVC... Lire la suite Interview du Dr. Noémie Ligot, Directrice de la Clinique Neurovasculaire de l'H.U.B Imaginez : un matin, vous vous levez et votre bras refuse de bouger, votre bouche est asymétrique ou vous avez du mal à parler. Chaque minute compte. Vous êtes peut-être en train de vivre un AVC. Et ce n’est pas rare : selon les données mondiales (GBD/OMS, 2018), une personne sur quatre âgée de plus de 25 ans subira un AVC au cours de sa vie. Qu’est-ce qu’un AVC ? Un AVC, ou accident vasculaire cérébral, se produit lorsqu’une région du cerveau ne reçoit plus l’oxygène et les nutriments dont elle a besoin. Deux types principaux existent : L’AVC ischémique (85 % des cas) : un caillot bloque une artère, empêchant le sang d’atteindre certaines zones du cerveau.L’AVC hémorragique (15 %) : une artère se rompt et provoque un saignement dans le cerveau. Qu’il s’agisse d’un AVC ischémique ou hémorragique, les signes sont identiques : difficulté à parler, faiblesse d’un bras ou d’une jambe, perte ou trouble de la vision. Seul un scanner ou une IRM permet de faire la différence. L’AIT : un signal d’alerte Un AIT, ou accident ischémique transitoire, se manifeste comme un AVC mais disparaît rapidement, souvent en moins d’une heure. Bien que les symptômes s’estompent vite, il s’agit d’un signal d’alarme : le risque d’AVC majeur dans les jours suivants est élevé. Il faut agir immédiatement.  Comment reconnaître un AVC ou un AIT ? La règle d’or : F.A.S.T Face : affaissement d’un côté du visageArm : faiblesse d’un bras ou d’une jambeSpeech : troubles de la parole ou du langageTime : chaque minute compte, appelez immédiatement le 112 Tout déficit neurologique soudain — vision trouble, vertiges, engourdissement d’un membre — doit être pris au sérieux et conduit directement aux urgences, même s’il disparaît rapidement. “Même s’il semble passer, il indique souvent un risque imminent d’AVC plus grave. Il faut aller immédiatement aux urgences. Chaque minute compte pour protéger le cerveau”, rappelle le Dr. Noémie Ligot, Directrice de la Clinique Neurovasculaire de l’Hôpital Universitaire de Bruxelles Dans la suite de cet article, nous parlerons surtout de l’AVC ischémique, le plus fréquent, et aussi celui pour lequel il existe aujourd’hui des traitements spécifiques en phase aiguë. Les causes varient selon l’âge et l’état de santé : Chez les personnes âgées (65 ans et +), l’accumulation de facteurs cardiovasculaires sur des années fragilise les artères. L’athérosclérose (dépôts dans les grosses artères) ou la microangiopathie (atteinte des petites artères) sont fréquentes. La fibrillation auriculaire (un trouble du rythme cardiaque) est aussi un facteur majeur, car elle peut entraîner des caillots qui migrent jusqu’au cerveau.  Chez les personnes dites “patients jeunes” (avant 45-55 ans), les causes diffèrent souvent de celles des personnes âgées et ne sont généralement pas liées aux facteurs de risque cardiovasculaires habituels : dissection d’une artère du cou (suite à un traumatisme, un mouvement brutal ou certaines pratiques sportives), certaines anomalies cardiaques congénitales comme le foramen ovale perméable (ndlr : une petite communication entre les deux cavités supérieures du cœur - les oreillettes - qui persiste chez certaines adultes, alors qu’elle devrait se fermer à la naissance), consommation de drogues comme la cocaïne ou les amphétamines, troubles de la coagulation ou plus rarement un infarctus survenant lors d’une aura migraineuse prolongée.  L’AVC chez les jeunes : un message d’alerte Les jeunes victimes d’AVC nécessitent une approche diagnostique spécifique : IRM du cerveau spécialisée, échographie cardiaque, doppler des artères du cerveau et bilan sanguin étendu. L’objectif est de comprendre la cause exacte pour adapter le traitement et prévenir une récidive. Dans certains cas, malgré une recherche exhaustive, aucune cause n’est retrouvée. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de solutions : un suivi adapté et des mesures de prévention permettent de réduire fortement le risque de nouvel AVC. Le Dr. Noémie Ligot insiste : « Même chez un jeune adulte sans facteur de risque classique, un AVC peut survenir. Il est essentiel de ne jamais minimiser les symptômes. »  Prise en charge et prévention de l’AVC : un parcours complet et rapide Vous l’aurez compris, lorsqu’un AVC survient, le temps est un facteur clé. Plus vite le patient arrive à l’hôpital, plus grandes sont les chances de limiter les séquelles. À l'Hôpital Universitaire de Bruxelles, la prise en charge suit les standards internationaux les plus stricts, avec un parcours conçu pour être ultra-rapide, précis et efficace. 1. La phase aiguë : agir vite pour sauver le cerveau Dès l’arrivée aux urgences, le patient bénéficie de : Un scanner cérébral, qui permet avant tout d’exclure une hémorragie mais aussi d’évaluer les premières lésions liées à l’ischémie, un angio-scan, pour localiser exactement le caillot et évaluer l’état des artères.Un scanner de perfusion, qui permet de distinguer les zones du cerveau encore sauvables de celles déjà irrémédiablement touchées. Ces informations guident le traitement : La thrombolyse consiste à injecter dans les veines un médicament qui dissout le caillot. Elle doit être administrée le plus rapidement possible pour être pleinement efficace. Elle est en général réalisée dans les 4,5 premières heures, mais, grâce à l’imagerie de perfusion, certains patients peuvent encore en bénéficier jusqu’à 9 heures après le début des symptômes.La thrombectomie est une intervention endovasculaire qui retire le caillot directement dans l’artère, réservée aux occlusions des grosses artères du cerveau. Elle doit être réalisée le plus rapidement possible : plus l’intervention est précoce, plus elle est efficace. Elle est habituellement réalisée dans les 6 premières heures, mais, grâce à l’imagerie de perfusion, certains patients peuvent encore en bénéficier jusqu’à 24 heures après le début des symptômes. Ces interventions sont réalisées 24h/24, 7j/7, par une équipe spécialisée prête à intervenir immédiatement, même le week-end et la nuit. 2. Le suivi et la recherche de la cause Une fois l’AVC stabilisé, la mise au point diagnostique est exhaustive : Imagerie détaillée pour détecter dissections, anomalies vasculaires ou infarctus silencieux.Bilan cardiaque pour rechercher une fibrillation atriale ou un foramen ovale perméable.Analyses sanguines pour détecter des troubles de la coagulation ou des facteurs inflammatoires. “L’objectif est de comprendre précisément la cause de l’AVC, afin d’adapter le traitement et prévenir au mieux les récidives. Même si la cause n’est pas trouvée dans 100 % des cas, l’équipe peut déterminer la meilleure stratégie de prévention pour chaque patient”, explique le Dr. Ligot. 3. La rééducation et le soutien global La récupération ne s’arrête pas à l’hôpital : Les patients bénéficient d’une rééducation adaptée (kinésithérapie, logopédie, ergothérapie, neuropsychologie) dès les premiers jours.Un suivi psychologique est proposé pour aider à surmonter le stress, l’anxiété ou la dépression liés à l’AVC.L’éducation du patient et de sa famille sur les facteurs de risque et la prévention est essentielle : hypertension, tabac, cholestérol, activité physique, alimentation équilibrée. 4. Un centre de référence unique L’H.U.B. dispose d’une Stroke Unit de référence, avec : 10 lits monitorés dédiés à la surveillance des AVC.Des neurologues vasculaires et neuroradiologues interventionnels, formés et disponibles pour superviser chaque intervention.Une équipe multidisciplinaire (radiologues, urgentistes et infirmiers spécialisés, kinésithérapeutes, logopèdes, etc.) constamment formée aux techniques les plus récentes.Plus de 120 interventions de thrombectomie par an, ainsi qu’un suivi régulier des patients après AVC. Depuis 2018, l’H.U.B. est reconnu par l’European Stroke Organisation (ESO) comme le premier centre certifié « Stroke Center » en Belgique, gage de qualité et de conformité aux standards internationaux. Cette organisation permet une prise en charge complète, rapide et pointue, adaptée aux besoins de chaque patient, qu’il s’agisse d’un jeune adulte ou d’une personne âgée. 5. Prévention : agir avant l’AVC La prévention reste le pilier central : Contrôle des facteurs cardiovasculaires : tension, cholestérol, diabète, poids.Arrêt du tabac et limitation de l’alcool.Activité physique régulière, limitation du stress et alimentation équilibrée.   À retenir L’AVC peut survenir à tout âge, souvent sans avertissement.  Reconnaître les signes et agir immédiatement peut sauver des vies et limiter les séquelles. Chaque minute compte : connaître les symptômes, agir vite et prévenir reste la meilleure protection. Grâce à un centre de référence exceptionnel, l’H.U.B. offre une prise en charge rapide, complète et personnalisée, de l’urgence à la rééducation, pour chaque patient, jeune ou âgé. sources : Feigin VL, Nguyen G, Cercy K, Johnson CO, Alam T, et al. Global, Regional, and Country-Specific Lifetime Risks of Stroke, 1990 and 2016.New England Journal of Medicine. 2018;379(25):2429-2437. doi: 10.1056/NEJMoa1804492