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Maladie de Parkinson : mieux comprendre pour mieux accompagner
À l’occasion de la journée mondiale de la Maladie de Parkinson ce 11 avril 2026, le Dr Vincent Leclercq, Neurologue et Spécialiste en mouvements anormaux à l’H.U.B, nous éclaire sur les réalités actuelles de la maladie et sur l’importance d’une prise en charge adaptée.
La Maladie de Parkinson est souvent citée, parfois redoutée, mais encore mal comprise. Tremblements, maladie qui concerne uniquement les personnes âgées… Les idées reçues sont nombreuses. Pourtant, les connaissances et les traitements ont considérablement évolué ces dernières années. À l’occasion d’une journée d’information pour les patients organisée ce samedi 11 avril 2026. Le Dr Vincent Leclercq, Neurologue et Spécialiste en mouvements anormaux au sein de la Clinique des Mouvements Anormaux de l’H.U.B, nous éclaire sur les réalités actuelles de la maladie et sur l’importance d’une prise en charge adaptée.
Une maladie qui ne concerne pas que les personnes âgées
Contrairement à une idée répandue, la maladie de Parkinson n’est pas uniquement une maladie de la personne âgée. « C’est avant tout une maladie de l’adulte », explique le Dr Leclercq. En moyenne, les premiers symptômes apparaissent autour de la cinquantaine. Mais il existe des formes précoces, parfois dès la vingtaine, comme des diagnostics à 80 ou 90 ans. La maladie touche aussi bien les hommes que les femmes. En Belgique, elle concerne environ 5 % de la population, ce qui en fait une pathologie fréquente et un véritable enjeu de santé publique.
Les premiers signes qui doivent alerter
La maladie de Parkinson ne se résume pas aux tremblements. Trois grands symptômes dits « cardinaux » doivent attirer l’attention : Le tremblement au repos. Il apparaît le plus souvent au niveau d’une main, d’un seul côté au début, et survient lorsque la main est au repos.La bradykinésie (lenteur des mouvements). Les gestes deviennent plus lents, moins précis : écriture qui se modifie, difficulté à boutonner une chemise, perte de dextérité fine.Les troubles de la marche. La marche ralentit, les pas deviennent plus petits, le corps peut se pencher vers l’avant. Mais la maladie comporte aussi de nombreux symptômes non moteurs, souvent moins visibles et pourtant très invalidants : Troubles digestifs ou urinaires,Difficultés de concentration,Ralentissement de la pensée,Troubles de la déglutition. Ces symptômes sont parfois la plainte principale des patients. En cas de doute, une orientation vers une consultation spécialisée est essentielle.
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Un diagnostic clinique, parfois posé dès la première consultation
La maladie de Parkinson fait partie des rares maladies neurologiques dont le diagnostic est avant tout clinique. Il repose sur l’observation des symptômes et l’examen neurologique. Des examens complémentaires peuvent être réalisés en cas de doute, mais ils ne sont pas systématiques. L’annonce du diagnostic constitue souvent un choc. « C’est un moment qui bouleverse la vie du patient », souligne le Dr Leclercq. L’équipe veille à annoncer le diagnostic avec le temps nécessaire pour répondre aux questions, permettre l’expression des émotions et poser les bases d’une prise en charge rassurante. Car un message essentiel doit être entendu : on peut vivre de manière autonome avec une bonne prise en charge.
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Une prise en charge adaptée à chaque stade de la maladie
Aux stades précoces de la maladie Le traitement repose principalement sur la dopathérapie : on apporte au cerveau la dopamine qui lui manque. Les résultats peuvent être spectaculaires : Amélioration nette des symptômes,Qualité de vie préservée pendant plusieurs années. Les patients restent parfois longtemps stables, avec des consultations de suivi principalement destinées à ajuster le traitement. Aux stades plus avancés de la maladie Après 5 à 10 ans d’évolution, l’efficacité des médicaments peut devenir fluctuante. Des périodes « on » (où le traitement agit bien) alternent avec des périodes « off ». Des thérapies avancées peuvent alors être proposées : Pompe sous-cutanée délivrant la dopamine en continu via une petite aiguille.Pompe digestive administrant la dopamine directement dans l’estomac via une sonde placée par endoscopie.Stimulation cérébrale profonde : une intervention de neurochirurgie permettant d’implanter des électrodes dans des structures profondes du cerveau, reliées à un générateur placé sous la peau, à la manière d’un pacemaker. Cette stimulation continue compense l’activité électrique déficiente. Ces solutions permettent, dans de nombreux cas, de retrouver une meilleure stabilité et d’améliorer significativement la qualité de vie.
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Une évolution imprévisible, mais un accompagnement structuré
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative. Son évolution varie fortement d’une personne à l’autre. Certains patients évoluent très lentement, d’autres plus rapidement. À ce jour, il n’est pas possible de prédire précisément la vitesse d’évolution. La perte d’autonomie peut survenir avec le temps, notamment en raison : Des troubles de la marche,Du risque de chutes,Des difficultés de déglutition. Mais les choses ont changé. Autrefois, ce sont souvent les complications (chutes, fausses routes, infections) qui entraînaient le décès. Aujourd’hui, grâce à une prise en charge adaptée et multidisciplinaire, on ne meurt plus de la maladie de Parkinson lorsqu’elle est correctement encadrée. Afin de préserver l’autonomie le plus longtemps possible et prévenir les complications, notre consultation travaille en étroite collaboration avec : Des kinésithérapeutesDes logopèdesD’autres professionnels spécialisés
Une journée d’information pour comprendre et échanger
« Cet évènement est important parce que la maladie reste méconnue et souvent confondue avec d’autres pathologies neurodégénératives. Parce que 30 minutes de consultation tous les trois mois ne suffisent pas à aborder tous les aspects de la maladie. Parce que les proches et aidants n’ont pas toujours l’occasion d’exprimer leurs questions ou leurs difficultés », explique le Dr. Leclercq. Au programme, l’équipe de la Clinique des Mouvements Anormaux a proposé aux participants : Des sessions thématiques animées par différents intervenants,Des explications claires et accessibles,Des moments d’échanges et de questions-réponses,Un espace de dialogue sans tabou. Valoriser l’expertise et renforcer les liens Au-delà de l’information destinée aux patients et au grand public, cette journée est aussi l’occasion de mettre en lumière l’expertise de notre consultation spécialisée Parkinson : Une équipe expérimentée,Une approche multidisciplinaire,Une maîtrise des thérapies avancées,Un accompagnement humain et individualisé, des patients, mais aussi de leurs proches. Parce que mieux comprendre la maladie, c’est déjà mieux la vivre. Et parce qu’un patient bien informé et bien entouré reste acteur de son parcours de soins.Ensemble, faisons avancer la compréhension et la prise en charge de la maladie de Parkinson. Pour toute question, vous pouvez contacter le secrétariat de la consultation de neurologie par email à secmed [dot] neuro [at] erasme [dot] ulb [dot] ac [dot] be (secmed[dot]neuro[dot]erasme[at]hubruxelles[dot]be)Pour en savoir plus sur la Clinique des Mouvements Anormaux, cliquez ici
Dr Vincent Leclercq
Neurologue et Spécialiste en mouvements anormaux