Un colloque ancré dans la pratique clinique et la dynamique de réseau
A l'occasion du 5ème colloque de Néphrologie, Dialyse et Transplantation organisé par l'H.U.B le 12 février prochain, le Pr. Alain Le Moine, Directeur du Service de Néphrologie, nous donne un aperçu de ce que nous réserve cette 5ème édition. Lire l'article
Le Cinquième Colloque Transversal de Néphrologie, Dialyse et Transplantation, organisé par le service de néphrologie de l’Hôpital Universitaire de Bruxelles (H.U.B), s’inscrit dans une logique de continuité et de formation médicale continue. Plus qu’un rendez-vous axé sur la nouveauté à tout prix, l’événement assume une ambition claire : actualiser les connaissances à la lumière des données scientifiques récentes et interroger les pratiques actuelles, tout au long du parcours du patient néphrologique, de maladie rénale chronique à la dialyse et la transplantation.
« Chaque année, nous faisons le choix de revenir sur des thématiques déjà abordées, mais en les mettant à jour à partir de la littérature scientifique la plus récente », explique le Pr. Alain Le Moine, Directeur du service. Une approche qui reflète la maturité du colloque et sa volonté de rester étroitement connecté à la réalité du terrain.
Autonomie du patient, personnalisation des soins au cœur des échanges
Le programme de cette cinquième édition met en avant plusieurs enjeux majeurs de la néphrologie contemporaine, au premier rang desquels figure l’autonomie du patient dialysé. La présence de Thierry Lobbedez (CHU de Caen), référence internationale dans le domaine de la dialyse péritonéale et de l’autonomisation du patient, illustre cette priorité. Son centre est aujourd’hui considéré comme un modèle mondial, avec lequel l’H.U.B entretient des échanges étroits, tant sur le plan clinique que scientifique.
La personnalisation des traitements constitue un autre fil conducteur fort du colloque. Qu’il s’agisse de la dialyse – avec des discussions autour de la fréquence, du débit et de l’adaptation « à la carte » des modalités d’épuration extra-rénale – ou de la transplantation, l’objectif est clair : sortir d’une approche standardisée pour mieux répondre aux besoins individuels de chaque patient.
Dans ce contexte, les avancées en médecine de précision et en exploitation des données occupent une place centrale. Les travaux présentés par Valentin Goutaudier proche collaborateur d’Alexandre Loupy (Paris Transplant Group) illustrent le potentiel des outils biostatistiques et informatiques nécessaires à analyser des masses de données biologiques issues de nouvelles technologies. Ceci pour affiner la prise en charge immunologique des patients transplantés, avec, à terme, un impact attendu sur la survie des greffons et des patients.
Questionner les limites et les responsabilités en transplantation
Le colloque aborde également des questions sensibles et essentielles, telles que l’utilisation de donneurs à critères élargis. Les travaux de Rachel Hellemans (UZA Antwerpen) interrogent le devenir de certains greffons et rappellent la responsabilité éthique et scientifique de suivre rigoureusement leurs résultats chez les receveurs.
Dans la même logique, la présentation de Nada Kanaan (Cliniques Universitaires Saint-Luc) revient sur les premiers cas d’utilisation de l’imlifidase chez des patients hyperimmunisés jusque-là exclus de la transplantation, illustrant l’évolution progressive des possibilités thérapeutiques dans des situations complexes, tout en soulignant la nécessité d’un suivi prudent et rigoureux.
Un colloque avant tout conçu comme un temps fort du réseau
Plus qu’un congrès destiné à débattre de techniques émergentes, ce colloque se veut avant tout un moment de rassemblement et de partage pour le réseau de néphrologie. Il s’adresse prioritairement aux médecins et professionnels de santé impliqués dans la dialyse et la transplantation, avec pour objectif de partager les dernières recommandations, harmoniser les pratiques et renforcer les collaborations existantes.
« C’est un congrès d’information et de mise en commun, pensé pour notre réseau, avec des experts internes et invités », souligne le Pr. Le Moine. Une manière de valoriser le rôle académique et fédérateur de l’ H.U.B qui est engagé dans une mission de collaboration étroite avec ses partenaires en Belgique.
Dans un cadre scientifique mais convivial, cette cinquième édition entend ainsi mettre en lumière les pratiques actuelles, questionner les évolutions en cours et renforcer les liens entre les acteurs du parcours de soins néphrologique, au bénéfice direct des patients.