Prendre soin du cœur des femmes, c’est aussi adapter la médecine
À l’occasion de la Semaine du Cœur, l’H.U.B revient sur la prise en charge de la santé cardiaque des femmes, thème central de la nouvelle campagne de la Ligue Cardiologique Belge.
À l’occasion de la Semaine du Cœur 2026, consacrée au Cœur des Femmes par la Ligue Cardiologique Belge, l’H.U.B rappelle une réalité encore trop peu connue : les maladies cardiovasculaires ne s’expriment pas toujours de la même manière chez les femmes et chez les hommes. Leur prévention, leur diagnostic, leur traitement et leur suivi doivent donc tenir compte de ces différences.
Une santé cardiovasculaire qui se pense au féminin
Les facteurs de risque cardiovasculaire sont en partie communs aux femmes et aux hommes. Mais, chez les femmes, certains éléments liés à la santé hormonale et reproductive peuvent également influencer le risque cardiovasculaire au cours de la vie : contraception, grossesse, complications de la grossesse, SOMP (Syndrome Ovarien, Métabolique et Polyendocrinien), péri-ménopause ou ménopause, notamment.
Certains événements ou pathologies cardiovasculaires sont par ailleurs plus fréquents chez les femmes, comme la dissection coronaire spontanée (SCAD), le syndrome de Takotsubo ou certaines formes d’ischémie sans obstruction significative des artères coronaires (INOCA/MINOCA). Les symptômes peuvent également être moins typiques et parfois confondus avec une fatigue importante, des troubles digestifs ou du stress, ce qui peut contribuer à retarder le diagnostic, voire à poser un diagnostic erroné.
À l’H.U.B., ces spécificités font partie des éléments pris en compte dans l’évaluation de la santé cardiovasculaire d’une patiente.
Lorsqu’une femme présente des facteurs de risque, des symptômes évocateurs d’une maladie cardiovasculaire ou une cardiopathie diagnostiquée, sa prise en charge peut nécessiter l’expertise complémentaire de plusieurs disciplines. Cardiologues, gynécologues, endocrinologues et autres spécialistes travaillent ensemble lorsque la situation clinique le nécessite, afin de croiser les informations et d’adapter la prévention, le diagnostic, le traitement et le suivi à chaque patiente.
Cette approche permet notamment de replacer la santé cardiaque dans l’ensemble du parcours de vie : comprendre les antécédents gynécologiques et obstétricaux, tenir compte du statut hormonal, identifier certains facteurs de risque spécifiques et intégrer les différentes étapes de la vie reproductive et de la ménopause dans l’évaluation cardiovasculaire.
Parce qu’une médecine personnalisée doit aussi reposer sur une recherche inclusive
Adapter les soins suppose aussi de disposer de connaissances scientifiques suffisamment représentatives.
Or, les femmes restent encore sous-représentées dans de nombreux essais cliniques cardiovasculaires. Une analyse publiée en 2024 portant sur 740 essais cardiovasculaires réalisés depuis 2010 estimait ainsi que les femmes représentaient seulement 38 % des participants. Les résultats ne sont par ailleurs pas systématiquement analysés séparément selon le sexe, ce qui peut limiter notre capacité à identifier d’éventuelles différences dans la présentation des maladies ou dans la réponse aux traitements.
Pour un hôpital académique comme l’H.U.B, cette question est essentielle. Une médecine véritablement personnalisée ne peut être orientée par les patients que si les connaissances sur lesquelles elle s’appuie prennent en compte la diversité des patients et des patientes.
Cela signifie continuer à développer une recherche qui inclut les femmes, qui analyse les données selon le sexe lorsque cela est pertinent et qui s’intéresse, entre autres, aux spécificités de leur santé cardiovasculaire. L’objectif n’est pas de créer deux médecines distinctes, mais de mieux comprendre ce qui peut différer afin de proposer à chaque personne une prise en charge fondée sur les meilleures connaissances disponibles.
Mieux connaître pour mieux prévenir et mieux soigner
La Semaine du Cœur est aussi l’occasion de rappeler que la santé cardiovasculaire concerne les femmes à tous les âges de la vie. En Belgique, les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité chez les femmes et constituent pourtant un risque encore largement sous-estimé.
En tant que partenaire de longue date de la Ligue Cardiologique Belge, l’H.U.B s’associe à la campagne « Le Cœur des Femmes » pour contribuer à mieux faire connaître ces enjeux.
Parce que prendre en compte les spécificités des femmes n’est pas une médecine à part : c’est une condition pour construire une médecine plus juste, plus précise et véritablement personnalisée.