Maladies endocriniennes rares

Présentation du service

La Clinique d’Endocrinologie adulte assure le diagnostic et le suivi des patients adultes qui présentent un problème endocrinien c’est-à-dire une pathologie qui touche la sécrétion d’une hormone (sécrétion excessive ou insuffisante) et/ou de la glande qui la sécrète. Le service prend ainsi en charge les pathologies de la thyroïde, des parathyroïdes, des surrénales, des gonades (ovaires et testicules) et de l’hypophyse.

Depuis 2016, le Service d’Endocrinologie de l’Hôpital Erasme associé à l’Hôpital des Enfants Reine Fabiola (HUDERF) pour la partie pédiatrique, fait partie du réseau ENDO-ERN (European Reference Network for Rare Endocrine Conditions), le Réseau Européen de Référence pour les maladies endocriniennes rares.
Ce réseau a pour mission d’améliorer l’accès à des soins de haute qualité pour les patients atteints de troubles endocriniens rares. Il soutient la recherche clinique et contribue à la création de registres, qui répertorient les patients suivis pour pathologies rares, afin de favoriser le partage des connaissances et l’amélioration des pratiques cliniques. 
La prise en charge des maladies endocriniennes rares est multidisciplinaire. Des concertations régulières sont organisées autour des cas complexes, avec de nombreux spécialistes au sein de notre institution, mais aussi lors de consultations virtuelles avec des experts européens reconnus via le réseau ENDO-ERN ou lors de réunions de concertations pluridisciplinaires internationales (France).
Certaines maladies endocriniennes débutent à la naissance ou pendant l’enfance et nécessitent un traitement et un suivi à vie. Des consultations de transition sont assurées depuis de nombreuses années avec nos collègues pédiatres de l’HUDERF pour assurer la transition la plus douce possible de la pédiatrie vers la prise en charge adulte.
 

Que sont les maladies congénitales rares de la thyroïde ?

Les maladies congénitales rares de la thyroïde sont des affections présentes le plus souvent dès la naissance et qui touchent le fonctionnement de la glande thyroïde. Dans la majorité des cas, il s’agit d’hypothyroïdies congénitales, c’est-à-dire d’une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes. 

Les hormones thyroïdiennes sont indispensables à la croissance mais aussi et surtout au développement normal du cerveau pendant la vie fœtale et l’enfance. A l’âge adulte, elles interviennent essentiellement dans la régulation de la température corporelle (thermorégulation), le contrôle du métabolisme (de la dépense énergétique), la fertilité, la régulation du transit, du rythme cardiaque et de l’humeur. Les hypothyroïdies apparaissant à l’âge adulte sont le plus souvent acquises, et d’origines diverses (auto-immunité, chirurgie de la thyroïde, médicaments, etc). Elles ne rentrent pas dans la catégorie des maladies endocriniennes rares, contrairement aux hypothyroïdies congénitales.
Ces dernières peuvent être dues à une thyroïde absente (agénésie) ou mal formée (dysgénésie) ou à un défaut de synthèse des hormones thyroïdiennes lié à une mutation dans un des enzymes (protéines)-clés de la production hormonale. Elles sont le plus souvent détectées très tôt, dès les premiers jours de vie grâce au dépistage néonatal. Cela permet une prise en charge rapide et efficace, afin d’éviter les effets délétères d’un manque d’hormones thyroïdiennes sur de développement cérébral et musculosquelettique de l’enfant. Pendant la grossesse, c’est la mère qui assure l’apport en hormones thyroïdiennes du fœtus et compense ainsi le défaut de synthèse de la thyroïde fœtale, mais une fois né, le bébé atteint ne bénéfice plus des hormones thyroïdiennes de sa maman et doit donc bénéficier d’une substitution orale rapide.

Une autre catégorie de maladies rares congénitales de la thyroïde sont les maladies du métabolisme, du transport et de l’action des hormones thyroïdiennes, parmi lesquelles on retrouve les syndromes de résistance aux hormones thyroïdiennes. Ces conditions, très rares (1/19.000 – 1/40.000 naissances), sont dues à des anomalies génétiques qui affectent un des récepteurs des hormones thyroïdiennes (il en existe 2 types). Les hormones thyroïdiennes sont produites en quantité suffisante, mais ne parviennent pas à agir de manière optimale au niveau des tissus contenant le récepteur muté (cerveau, foie, cœur, muscle, os). La sévérité et le type de symptômes varient considérablement selon la mutation. Pour les formes les plus fréquentes de ces pathologies rares, qui sont aussi les moins sévères, le diagnostic se fait le plus souvent devant des tests thyroïdiens dits “discordants” (avec un profil inhabituel) lors des prises de sang de routine ou lors d’un dépistage familial dans la cadre d’une mutation connue dans la famille. 
 

Diagnostic et prise en charge

L’hypothyroïdie congénitale bénéficie d’un dépistage néonatal. Une goutte de sang est prélevée sur le talon du nouveau-né entre le 2ème et 5ème jour de vie, et posée sur un papier buvard avant d’être analysée. Les parents sont rappelés en consultation d’endocrinologie si le résultat du test de dépistage est anormal. Des examens complémentaires sont réalisés pour confirmer le diagnostic (prise de sang de contrôle) et en comprendre l’origine (échographie et scintigraphie de la thyroïde).  La prise en charge repose sur un traitement précoce par hormones thyroïdiennes de substitution, débuté dès les premiers jours de vie. Ce traitement est simple, bien toléré et permet un développement normal de l’enfant. Les enjeux lors de la poursuite du suivi à l’âge adulte sont, comme pour les hypothyroïdies acquises, d’assurer un bon fonctionnement du métabolisme, de la fertilité et une qualité de vie optimale dans tous les domaines (physique, psychosocial, professionnel).

Un suivi clinique et biologique régulier est essentiel afin d’adapter les doses au fil de la croissance, mais aussi à la variation des besoins en fonction de certaines situations (fluctuation du poids, interférence avec d’autres médicaments, problèmes d’absorption digestive, fertilité, grossesse, etc). 

Le suivi médical doit être poursuivi à vie. L’information et l’accompagnement des patients et des familles sont essentiels pour assurer l’observance du traitement et la qualité de vie à long terme.
Dans les cas les plus fréquents de résistance aux hormones thyroïdiennes, les symptômes sont légers et les patients ne nécessitent généralement pas de traitement spécifique. Il s’agit toutefois d’un diagnostic difficile à faire, nécessitant l’exclusion d’autres pathologies par des tests spécifiques (dont une analyse génétique pour confirmation), avec des risques d’erreur diagnostique pouvant mener à une chirurgie thyroïdienne ou un traitement médicamenteux inutiles. Un suivi est également indispensable, les symptômes pouvant évoluer et nécessiter une intervention médicamenteuse.
 

Trajet de soin

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Transition vers l’âge adulte

À l’adolescence, une préparation progressive à la transition vers les soins pour adultes est organisée. Cette étape permet de renforcer l’autonomie du jeune patient, d’assurer la continuité du suivi médical et de transmettre l’ensemble des informations nécessaires au service adulte spécialisé. La transition est planifiée en collaboration avec le patient, sa famille, et les équipes pédiatriques et adultes.

Focus : expertise

Les patients sont traités par un endocrinologue adulte agréé. Les dosages hormonaux et les tests génétiques sont effectués dans un laboratoire spécialisé. Un conseil génétique est proposé. Une astreinte appelable est assurée 24h sur 24. Notre centre s’investit activement dans l’amélioration des connaissances et des soins pour les patients atteints de maladies endocriniennes rares. 

Un registre local des cas d’hypothyroïdies congénitales et de résistances aux hormones thyroïdiennes a été créé, et le nombre de nouveaux cas pris en charge est rapporté de façon continue au registre européen ENDO-ERN. Le but est d’optimaliser les pratiques de suivi, et de comparer les prises en charge entre différents centres spécialisés. L’équipe bénéficie d’une formation continue, participe à des congrès et séminaires, initie et collabore à des études mono-et multicentriques, et publie dans le domaine de la thyroïde. Elle participe également à une activité de formation et d’enseignement auprès des étudiants et des médecins en formation.

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