Retour sur la conférence annuelle en transplantation de l’H.U.B : le Sympadot 2025
La coordination se réjouit du déroulement de l'évènement et d’évaluations très positives, confirmant l’intérêt des professionnels pour les sujets abordés, parfois très techniques, mais essentiels à la pratique clinique. Lire la suite
Cette année, le symposium annuel de l’Hôpital Universitaire de Bruxelles (H.U.B) a rassemblé 315 participants venus de diverses spécialités : transplantation, soins intensifs, oncologie, infectiologie, et soins palliatifs. La coordination se réjouit du déroulement de l'évènement et d’évaluations très positives, confirmant l’intérêt des professionnels pour les sujets abordés, parfois très techniques, mais essentiels à la pratique clinique.
Un témoignage patient marquant
Parmi les moments forts du symposium, la présence d’un patient ayant bénéficié de deux transplantations et confronté à une récidive oncologique après transplantation a particulièrement retenu l’attention. Son récit, retraçant son parcours médical complexe et son expérience au sein de l’H.U.B, a offert aux participants un aperçu concret de l’impact des soins de transplantation sur la vie des patients et a enrichi les échanges scientifiques de manière précieuse.
L’H.U.B, centre de référence au cœur d’un réseau de transplantation
Le symposium a également illustré le rôle central de l’H.U.B comme centre de référence en transplantation, coordonnant et collaborant avec de nombreux hôpitaux et universités partenaires (Saint-Pierre, Anvers, Liège, Sambre et Meuse, et l’Erasme). Ces échanges permettent de partager les expériences, les bonnes pratiques et de renforcer la qualité des soins dans l’ensemble du réseau, tout en consolidant l’expertise académique et clinique de l’H.U.B dans ce domaine.
Parmi les présentations scientifiques, Charlotte Martin, cheffe du service de maladies infectieuses, a notamment abordé la syphilis et son absence de contre-indication au don d’organes, ainsi que l’impact du COVID-19 sur la transplantation pulmonaire. Maya Hites a quant à elle détaillé les critères d’éligibilité au don d’organes, un sujet essentiel pour garantir la sécurité des receveurs.
Innovations en transplantation : réduire la marginalité des organes
Corentin Boquelet, Coordinateur en transplantation, a présenté un projet innovant qu’il développe à l’H.U.B, portant sur l’intégration de la normothermic regional perfusion (A-NRP), une technique de préservation des organes post mortem.
Grâce à la mise en œuvre aux soins intensifs après l’arrêt circulatoire, cette approche vise à élargir l’éligibilité des donneurs au don d’organes, notamment chez des patients plus âgés ou présentant des comorbidités, afin de convertir davantage de donneurs potentiels en donneurs effectifs.
Cette stratégie permet une phase de restauration, de traitement et d’optimisation des greffons abdominaux après l’arrêt cardiaque, contribuant à réduire la souffrance organique, à améliorer la qualité des greffes et à augmenter les chances de succès pour les receveurs, tout en diminuant le risque de complications ou de retransplantation.
Don d’organes et soins palliatifs : un dialogue nécessaire
Le symposium a également abordé des sujets sensibles, comme le don d’organes après euthanasie. L’objectif est de créer un lien constructif entre équipes de soins palliatifs et équipes de transplantation : proposer l’information sur le don aux patients concernés, sans pression ni obligation, afin de valoriser leur autonomie et les opportunités de don. L’expérience montre que, bien accompagnés, ces patients peuvent devenir des donneurs, contribuant ainsi à sauver des vies.
Priorité à la transplantation dans un contexte de pénurie
Jacques Creteur, Médecin-Chef à l'Hôpital Erasme H.U.B, a rappelé la complexité de gérer l’activité de transplantation dans un hôpital confronté à une pénurie d’infirmiers. Malgré ces contraintes, la transplantation reste une priorité stratégique pour l’H.U.B, qui s’affirme comme un acteur majeur en matière de greffes et de formation médicale académique.
Perspectives pour 2026
Le symposium a également ouvert la discussion sur la promotion du don d’organes au niveau local et fédéral, et sur le rôle clé des médecins traitants dans le processus de consentement et d’information aux patients. Les enjeux incluent l’encodage correct du consentement dans les réseaux bruxellois et l’amélioration de la communication entre hôpital et médecins de terrain.
Enfin, plusieurs présentations ont souligné l’importance d’évaluer rigoureusement chaque donneur pour éviter la transmission de maladies aux receveurs. La collaboration entre experts infectiologues, oncologues et chirurgiens est cruciale pour prendre ces décisions complexes.
Conclusion
Cette édition du symposium a mis en lumière l’excellence médicale et scientifique de l’H.U.B, tout en rappelant que le don d’organes reste une activité vitale, nécessitant à la fois expertise, innovation et dialogue interdisciplinaire. Grâce à l’engagement de tous les professionnels impliqués, l’hôpital continue de renforcer son rôle de leader académique et clinique dans le domaine de la transplantation.